Quelle est la valeur de l’information dans un monde totalement digitalisé ?

L’évolution des technologies au cours de la dernière décennie a déclenché une profusion exponentielle des canaux de communication La maîtrise des contenus et des circuits d’information était il n’y a pas si longtemps encore un gage de bon fonctionnement d’une entreprise. Aujourd’hui, elle a volé en éclat. Tout, information comme rumeur, circule sans entrave, à […]

L’évolution des technologies au cours de la dernière décennie a déclenché une profusion exponentielle des canaux de communication

La maîtrise des contenus et des circuits d’information était il n’y a pas si longtemps encore un gage de bon fonctionnement d’une entreprise. Aujourd’hui, elle a volé en éclat.
Tout, information comme rumeur, circule sans entrave, à la vitesse de la lumière. Le développement des réseaux sociaux et des mécanismes viraux associés a brouillé les circuits. Dur de retrouver qui est l’émetteur, difficile de savoir qui est le récepteur vraiment visé. Tout est livré à la communauté.
En outre la porte d’accès à ce maelström incontrôlé d’informations instantanées est en permanence au plus proche de chaque individu, dans son smartphone. Il n’y a donc plus de condition d’espace et de temps pour émettre ou recevoir.

Dans cette nouvelle donne, les circuits historiques de communication ont du mal à survivre. Nombre de médias papiers n’ont pas résisté à la déferlante. Leur fonction en matière de partage d’information a été remplacée par un dispositif bien plus efficace. En revanche leur fonction en matière d’analyse et de développement du discernement a disparu avec eux.

Recéler l’information ne signifie plus détenir le pouvoir !

Le fonctionnement des entreprises a souvent été régi par la règle de « celui qui sait contrôle » et les détenteurs/recéleurs de l’information gardaient jalousement leur pouvoir. Mais une information aujourd’hui n’est plus un patrimoine, un placement de long terme que l’on garderait dans son bas de laine ! Si je ne diffuse pas, quelqu’un d’autre diffusera (et souvent transformera) et il aura plus de connexions, de « like », d’audience, de buzz que moi. Le pouvoir n’est plus dans la détention mais dans la diffusion.
Et ceci s’applique aussi dans les relations entre une entreprise et ses clients. Il y avait toutes ces choses qu’on ne pensait pas bonnes à dire au client (les retards, les accrocs dans la production, les manquements du service). Aujourd’hui ne pas les dire, ne pas être le premier à les dire à son client c’est prendre le risque de trouver l’information déformée et amplifiée dans un blog, un tweet, une prétendue fuite qu’un supposé lanceur d’alerte aura captée et de dépenser ensuite une énergie énorme à rétablir les faits.
C’est un énorme challenge pour les entreprises. Organiser le secret, la confidentialité, était en fait bien plus simple que d’organiser la diffusion rapide, exacte et claire de l’information vers le grand public.

L’information comme outil de fidélisation des clients ?

Les entreprises sont contraintes de diversifier les méthodes de transmission des contenus, optimiser leur vitesse de transmission et tenir compte de l’information croissante créée par les individus en dehors de leur propre communication qu’elles croient maîtriser. Les entreprises comprennent aussi qu’elle peuvent tirer un bénéfice important en diffusant de l’information, mieux en interagissant avec les autres entreprises partenaires elles se rendent compte qu’elles créent de la valeur.
Le concept de collaboration n’en est qu’à ses début dans le monde de l’entreprise, le pouvoir du client va encore considérablement augmenté dans les prochaines années. Le numérique se doit de suivre mais surtout d’anticiper.
De nombreuses plateformes collaboratives thématiques de mises en relation apparaissent en ce moment. Ces plateformes n’ont de sens que si elles ont été conçues pour créer de la valeur. Elles doivent donc être pensées, dès leur conception, sur la base des bénéfices que chaque acteur de la collaboration retirera. Le client, au centre de cette collaboration, s’attend à jouer un rôle important car c’est lui qui a en main la décision de travailler avec l’entreprise ou pas.